GALIBERT Didier

 

Didier Galibert, historien et anthropologue, chercheur associé à l’Université Paris VII Denis Diderot.

Résumé de la thèse : Les Gens du pouvoir à Madagascar. État postcolonial, légitimités et territoire (1956-2002). La thèse étudie le champ de pouvoir de l’État postcolonial à Madagascar, depuis la formation d’une arène politique démocratisée à partir de la loi-cadre de 1956 jusqu’à la crise majeure de l’année 2002. L’ensemble de l’étude est construit en fonction de deux hypothèses. En premier lieu, le caractère massif de la pauvreté et la multiplicité des écarts par rapport à la norme occidentale de la domination légale-rationnelle, telle qu’elle a été définie à la suite des travaux de Max Weber, ne dénote aucun effacement de l’État, mais plutôt la mise en œuvre d’un dispositif de centralisation des échanges clientélistes doté de sa cohérence propre. En second lieu, la surimposition d’un État postcolonial directement inspiré de la modernité politique européenne constitue une violence symbolique exercée sur la société malgache, compte tenu de son caractère contradictoire avec les fondements du politique tels qu’ils se sont tissés dans la tradition précoloniale : fusion du politique et du religieux, rôle protecteur et fécondant des rois sacrés, hiérarchie de la société en ordres inégaux.
La première partie de la thèse étudie le processus de nationalisation du champ politique. Dans sa deuxième partie, la thèse se penche sur les difficultés de la refondation postcoloniale du territoire, dans le rapport aux héros fondateurs et aux lieux de mémoire, la définition d’un maillage administratif sans rapport avec les cultes traditionnels, l’affirmation concomitante de modalités nouvelles de politisation des identités. La troisième partie, quant à elle, évoque la crise d’autorité déclenchée par l’intrusion du modèle de la modernité politique occidentale dans une société largement déterminée par les variantes précoloniales de la monarchie sacrée.

Nouveauté

Didier GALIBERT
Les Gens du pouvoir à Madagascar. État postcolonial, légitimités et territoire (1956-2002). Ed karthala