GEISTDOERFER Aliette

 

Ethnologue (sociétés de marins pêcheurs Atlantique nord)
Directeur de recherche au CNRS honoraire, attachée au Muséum de Paris.

Participé aux recherches et missions collectives archéologie histoire et ethnologie à SPM , rédaction de plusieurs rapports du Ministère de la culture, articles, cahier etc.
Co-fondatrice, en 1970, du CETMA Centre d’ethno-technologie en milieux aquatiques, association loi 1901 préfigurant les formations CNRS et Muséum en anthropologie maritime.

Conférence du Samedi 22 août 2009

Saint –Pierre et Miquelon Une prison dorée

Sur l’île de Saint Pierre habitent 5 509
Sur l’Ile de Miquelon habitent 616

Archipel surnommé par ses habitants le caillou c’est-à-dire dépourvu de toute ressource de survie hors le poisson mais dans la mer ! Les îliens 6 600 ont su contourner les contraintes d’une insularité très particulière, ont su créer un pays, leur pays, une ville, des communes, un territoire maritime, construire une histoire, leur histoire, exploiter au maximum le peu de ressources locales, construire leur culture originale : vivre malgré la misère, hier, imposée par des armateurs-commerçants, survivre malgré des conditions difficiles. Devenir pour quelques-uns des marins, des marins pêcheurs, des officiers de marine marchande.

Archipel de pêcheurs de morue, telle est l’idée que se font encore la plupart des Français métropolitains.

Jusqu’en 1994 trois chalutiers, quelques bateaux côtiers une usine de transformation du poisson occupent 200 personnes.
Le moratoire canadien sur la pêche du cabillaud en 1994 transforme SPM en une “prison dorée” soit la nécessité pour la métropole de compenser, financièrement, le manque de travail et les principales sources de revenus.
La pêche et la transformation du poisson n’occupent plus que quelques personnes et ne sont pas des activités pouvant être développées
Aujourd’hui alors que les conditions de vie matérielles sont assurées, la survie sociale des îliens est fragilisée par l’absence d’activités et l’émigration des jeunes.

Comment dans un tel archipel, permettre à plus de 6 000 personnes de travailler, quelles activités peuvent être mises en place ? Les îliens peuvent-ils choisir leur avenir ?